mardi 27 novembre 2012

RELIGIONS : LA MORT ET SES RITES

Les rites funéraires viennent du berceau de l'humanité. 
Les plus anciennes sépultures connues ont cent mille ans.
Plus tard, les grandes religions répondent au mystère de la mort par des rites pleins de sens.
Comment bouddhisme et hindouisme, judaïsme, islam et christianisme accompagnent-ils 
les hommes au tombeau ?
Pour le bouddhisme et l'hindouisme.
Sur la rive orientale de l'Indus est né le thème de la réincarnation. Le bouddhisme ignore l'idée de résurrection et considère la mort comme partie prenante d'un cycle de transformations. Dans les pays bouddhiques, on attache une grande importance aux funérailles. Les défunts sont généralement incinérés plusieurs jours, souvent trois, après leur mort, d'une manière très ritualisée. Auparavant l'accompagnement du mourant a été un moment particulier de vigilance et de compassion. L'hindouisme est une religion dans laquelle les sacrifices et les offrandes sont quotidiens. La crémation est vue comme une ultime offrande. Le passage par le feu est très important car il symbolise une transition vers le divin. Le feu, purificateur, facilite le retour au monde des dieux et des ancêtres.
Pour les juifs.
La vie sur terre n'est qu'une étape avant l'éternité auprès de Dieu. La mise en terre est une obligation et l'inhumation a lieu le plus rapidement possible.
L'enterrement juif commence par une toilette de purification effectuée par les membres de la hevra kaddisha (''sainte confrérie''). Aspergé d'eau tiède, nettoyé en entier, le corps est ensuite vêtu de lin blanc, un vêtement identique pour tous. Des veilleurs se succèdent pour réciter des psaumes. Une bougie, symbole de l'immortalité de l'âme, est allumée près du visage du défunt. Avant la fermeture du cercueil, les proches demandent pardon au défunt. Jusqu'à l'enterrement, les endeuillés entrent dans la période dite ''de désolation''. Lors de l'enterrement, le cortège avance au rythme des psaumes. Lorsque le corps ou le cercueil  est déposé, idéalement à même la terre, à au moins 1.25 m de profondeur, les pieds vers Jérusalem, il est recouvert de dalles. On récite des versets bibliques comme '' Tu es poussière et tu retourneras poussière ''. A tour de rôle, les endeuillés jettent un peu de terre dans la tombe puis récitent le Kadddish, prière de louange et chant d'espoir messianique. La qeri'a, la ''déchirure'' de la chemise, rappelle le caractère irréversible de la mort. Le repas du deuil est frugal mais obligatoire : la mort ne doit pas triompher de la vie.
Pour les musulmans.
La loi musulmane met l'accent sur la toilette purificatrice du corps. Le défunt est lavé, purifié et parfumé selon un rituel précis par des personnes du même sexe, puis enveloppé dans un linceul blanc. Ces gestes sont accompagnés de prières rituelles : '' C'est à Dieu que nous appartenons, c'est à lui que nous faisons retour. '' Le corps est présenté couché sur le dos, les bras le long du corps, la tête tournée vers La Mecque ; il ne peut plus être touché. Il est veillé par sa famille, avant d'être enterré si possible dans les vingt-quatre heures qui suivent le décès. Au cimetière, l'imam guide la '' prière de la mort '', que les fidèles récitent debout. Le corps est ensuite descendu dans la tombe, à même la terre et placé sur le côté droit, tourné vers La Mecque. Les femmes, porteuses de la vie, se retirent du cimetière où se retrouvent seulement les hommes.
Pour les chrétiens.
Les funérailles catholiques se déroulent à l'église paroissiale. Placé près du cercueil, le cierge pascal allumé signifie que le Christ ressuscité est l'espérance des morts et des vivants. Les lectures tirées de la Bible rappellent le mystère de Pâques, la mort et la Résurrection du Christ. La dépouille est honorée avec de l'encens, rite rappelant que le corps est le temple de l'Esprit Saint. Le cercueil est aussi aspergé avec l'eau bénite qui rappelle le baptême. Le cimetière, étymologiquement un ''dortoir'', est le lieu de l'attente de la résurrection. Les textes chrétiens présentent la mort comme une germination, à l'instar du grain de blé qui doit tomber en terre pour lever et porter du fruit. Chez les protestants, ce n'est pas pour le mort que la communauté s'assemble et prie, mais pour la famille dans la peine.Au moment de la levée du corps et de la mise en bière, la liturgie consiste essentiellement en la lecture d'un psaume qui parle de la tendresse de Dieu, suivie d'une prière d'intercession. Dans le rituel orthodoxe centré sur la proclamation de la Résurrection, on place sur le cercueil l'évangéliaire et l'icône de la Résurrection du Christ. Le cercueil est posé de façon à ce que la tête regarde vers le Christ, pour montrer que le défunt est déjà devant la gloire de Dieu.
                                                                                                          Marta DELSOL
                    Article tiré du Bulletin '' Vivre l'Evangile à la télévision'' - octobre novembre 2012 n° 172

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire